Viager solidaire : vivre jusqu’au bout pour Jeanne à Arles
Petite histoire de propriétaire malin
Cette histoire est inspirée de situations réelles. Les prénoms et certains détails ont été modifiés.
À Arles, la lumière a toujours eu quelque chose de particulier.
Elle tombe sur les façades blondes comme un voile ancien, elle glisse le long du Rhône et se faufile dans les ruelles étroites. Ceux qui aiment la photographie disent souvent que la lumière d'Arles ne ressemble à aucune autre.
Jeanne le sait mieux que personne.
Depuis plus de cinquante ans, elle observe le monde à travers un objectif. Les mains un peu tremblantes aujourd'hui, mais l'œil toujours vif. La photographie n'a jamais été seulement une passion : c'était sa façon de vivre, de regarder les choses autrement.
Jeanne n'a jamais eu d'enfants.
Elle ne s'est jamais vraiment mariée non plus. Elle a préféré les voyages, les rencontres, les festivals photo, les longues conversations dans les cafés d'Arles pendant les Rencontres de la photographie. Une vie libre, un peu bohème, faite de regards et de silences.
Elle avait acheté son appartement il y a longtemps.
Un petit trois pièces dans un immeuble ancien, pas loin du centre. À l'époque, c'était un achat raisonnable, presque instinctif. Aujourd'hui, le même appartement vaut environ 240 000 euros.
Sur le papier, Jeanne est donc une propriétaire.
Mais dans la vraie vie, les chiffres racontent une autre histoire.
Sa retraite est de 700 euros par mois.
Pendant longtemps, cela a suffi, plus ou moins. Jeanne n'a jamais été dépensière. Elle vivait simplement : quelques courses, un café avec des amis, parfois un train pour aller voir une exposition à Marseille ou à Nîmes.
Et puis il y avait une petite assurance-vie.
Un coussin discret qui complétait les fins de mois.
Mais les coussins finissent par se tasser.
Depuis quelques mois, l'assurance-vie s'est doucement vidée. Jeanne le savait, bien sûr. Elle voyait les relevés diminuer, année après année. Elle avait fait durer les choses autant que possible.
Un soir d'hiver, elle a regardé son compte en banque un peu plus longtemps que d'habitude.
Pas de panique.
Pas encore.
Mais une question qui s'installe.
Est-ce que je vais pouvoir continuer comme ça ?
Jeanne n'a pas peur de grand-chose. Elle a traversé assez d'années pour savoir que les inquiétudes arrivent toujours par petites touches, jamais par grands fracas. Ce qui la trouble, ce n'est pas le présent.
C'est l'idée de devenir dépendante.
Demander de l'aide.
Appeler quelqu'un pour boucler un mois difficile.
Elle n'aime pas cette idée.
Chaque jeudi, pourtant, elle continue d'aller au club photo.
Ils sont une petite dizaine, la plupart retraités eux aussi. Ils discutent de tirages argentiques, de profondeur de champ, de lumière rasante sur les marais de Camargue.
Ces moments-là sont précieux.
Ils lui rappellent qu'elle appartient encore à un monde vivant.
Mais Jeanne commence à compter.
Moins de restaurants après les réunions.
Moins de trains pour aller voir les festivals photo.
Un jour, une amie lui glisse presque en plaisantant :
— « Tu devrais vendre ton appartement et te mettre en location. »
Jeanne sourit.
Elle comprend l'idée.
Mais elle n'y arrive pas.
Quitter cet appartement, ce serait quitter bien plus que des murs.
C'est là que sont accrochées ses photos.
Ses tirages encadrés.
Les boîtes pleines de négatifs accumulés pendant toute une vie.
Et puis il y a cette fenêtre, d'où elle regarde passer les saisons.
Alors non.
Jeanne ne veut pas partir.
Elle cherche.
Elle lit, elle se renseigne.
Elle entend parler de plusieurs solutions. Un peu par hasard, elle tombe sur Merci Prosper et décide d'appeler.
Au téléphone, elle échange avec Vincent.
La conversation commence simplement. Jeanne explique sa situation : la petite retraite, l'appartement, l'assurance-vie qui s'est tarie. Et surtout ce qu'elle veut éviter :
— "Je ne veux pas être une charge pour qui que ce soit."
Vincent l'écoute.
Puis il pose quelques questions, doucement. Est-ce qu'elle a des enfants, des héritiers proches à qui elle souhaite transmettre le bien ? Non. Est-ce qu'elle envisagerait de quitter son appartement un jour ? Absolument pas. Ce qu'elle cherche, c'est un revenu régulier, garanti, à vie — pour ne plus avoir à compter.
Vincent prend le temps de lui expliquer la vente partielle, ce que fait Merci Prosper : vendre une part de son appartement pour percevoir un capital ou un revenu complémentaire, en restant seule chez soi. La solution a aidé beaucoup de personnes dans une situation proche.
Mais en écoutant Jeanne, quelque chose lui apparaît clairement.
Pour un profil comme le sien — pas d'héritiers, un appartement de taille modeste, un besoin de sécurité jusqu'au bout — il existe peut-être une solution encore mieux adaptée.
— "Je vais être honnête avec vous, Jeanne. Il y a un autre dispositif que je voudrais vous présenter. Ce n'est pas ce que nous faisons ici, mais c'est sérieux, et ça mérite que vous y jetiez un œil."
Il lui parle du viager solidaire.
Le principe : vendre son bien à une coopérative spécialisée dans le maintien à domicile des personnes âgées. Jeanne reste vivre chez elle aussi longtemps qu'elle le souhaite. En échange, elle perçoit un capital au moment de la vente — le bouquet — et surtout une rente mensuelle versée à vie, quoi qu'il arrive, garantie par la coopérative.
Au début, Jeanne est méfiante.
Le mot "viager" lui rappelle des histoires anciennes, un peu sombres. Une forme de pari sur la mort. Elle en a entendu parler, vaguement.
Alors Vincent lui explique calmement ce qui différencie ce modèle-là. Ici, l'acheteur n'est pas un particulier qui spécule. C'est une structure dont la mission est précisément le bien-vieillir à domicile. La rente est garantie institutionnellement. Et Jeanne n'a aucune incertitude sur son avenir dans son appartement : elle y reste, pour toujours si elle le souhaite.
— "Vous n'êtes pas obligée de décider maintenant. Prenez le temps de vous renseigner. Ce qui compte, c'est que vous trouviez ce qui vous correspond vraiment."
Jeanne prend le temps de réfléchir.
Puis elle contacte cet organisme.
Les choses avancent tranquillement. Sans pression. Elle rencontre les équipes, pose toutes les questions qu'elle veut. On lui explique les chiffres.
Son appartement est estimé 240 000 euros.
Elle choisit un bouquet de 30 000 euros.
Et surtout, une rente mensuelle d'environ 1 200 euros.
Quand elle entend le montant, Jeanne reste silencieuse quelques secondes.
Elle fait le calcul dans sa tête.
Sa retraite : 700 euros.
La rente : 1 200 euros.
Cela fait près de 1 900 euros par mois.
Presque le triple de ce qu'elle avait pour vivre.
Après quelques semaines de réflexion et de démarches administratives, Jeanne signe.
Le jour où tout est finalisé, elle rentre chez elle comme d'habitude. Rien n'a changé en apparence. Les mêmes murs, les mêmes photos, la même lumière qui traverse le salon en fin d'après-midi.
Mais quelque chose en elle s'est relâché.
Un poids.
Quelques semaines plus tard, au club photo, quelqu'un propose d'aller voir une exposition à Avignon le week-end suivant.
Avant, Jeanne aurait hésité.
Elle aurait regardé son compte. Calculé le train. Réfléchi deux fois.
Cette fois, elle répond simplement :
— "Oui, je viens."
Sans faire de comptes.
Sur le chemin du retour, elle confie à une amie :
"Je suis rassurée. Je sais que je pourrai vivre correctement jusqu'au bout."
Jeanne ne s'est pas enrichie, mais elle a retrouvé quelque chose de plus précieux : de l'air.
Le sentiment de pouvoir continuer à vivre comme elle l'entend.
Voir ses amis.
Faire des photos.
Prendre un train pour un festival.
Cette histoire fait partie de la série Petites histoires de propriétaire malin. Chaque récit explore des façons différentes, pour un propriétaire senior, d'utiliser intelligemment son patrimoine immobilier. Parce qu'il n'existe pas une seule bonne réponse — il existe la bonne réponse pour chaque situation.
Chez Merci Prosper, nous proposons la vente partielle. Mais notre rôle, d'abord, c'est de vous écouter.