Transmission du patrimoine en France : ce que révèle la grande vague d’héritages à venir (édition 2026)

En France, 1 senior sur 2 finit le mois dans le rouge — et pourtant 70 % d'entre eux sont propriétaires. Pendant ce temps, 9 000 milliards d'euros s'apprêtent à changer de mains. Ce paradoxe dit beaucoup sur la façon dont les Français pensent la richesse, le temps, et ce qu'on laisse aux siens.

La plus grande vague de transmission de l'histoire française est en train de commencer

Ce n'est pas une métaphore : entre 2025 et 2040, ce sont près de 9 000 milliards d'euros qui vont être transmis par la génération du baby-boom à ses héritiers. C'est le constat du rapport de la Fondation Jean-Jaurès publié fin 2024, repris en mai 2026 par les notaires de Paris dans leur Livre blanc « Horizon 2040 ». La Chambre des notaires de Paris parle ouvertement de « choc d'héritage » et anticipe un besoin d'industrialisation de leur métier pour absorber le flux de dossiers à venir.

Pour mettre ce chiffre en perspective : le flux successoral annuel s'élève aujourd'hui à environ 464 milliards d'euros. Il pourrait dépasser 677 milliards d'euros en 2040, selon ces mêmes projections. Une accélération qui fait passer la part des transmissions dans l'économie française de 16 % à plus de 20 % du PIB.

Ce mouvement est structurel. Il tient à deux réalités imbriquées : le vieillissement démographique d'une génération qui a accumulé énormément, et la hausse historique des prix de l'immobilier qui a multiplié la valeur de leurs biens. Le résultat : le patrimoine total des ménages français avoisine aujourd'hui 15 000 milliards d'euros, dont la majorité est concentrée chez les plus de 60 ans.

Comment en est-on arrivé là ? Retour sur un siècle de patrimoine

Pour comprendre l'ampleur de ce qui se prépare, il faut un peu de recul historique. La part des héritages dans l'économie française suit une courbe en « U » sur le long terme : avant 1914, la valeur des patrimoines transmis chaque année représentait 20 à 25 % du revenu national. Elle s'est effondrée à 5 % après la Seconde Guerre mondiale. Puis elle est remontée progressivement : 12 % du revenu national en 2016 selon l'INSEE, et une trajectoire qui continue à grimper.

Autrement dit, la France renoue au XXIe siècle avec une importance patrimoniale qu'elle n'avait pas connue depuis l'entre-deux-guerres. Et selon les chiffres de France Stratégie, la part du patrimoine provenant de l'héritage représente aujourd'hui environ 60 % de la richesse totale des ménages, contre seulement 35 % dans les années 1970. Le travail, seul, ne suffit plus à construire une trajectoire patrimoniale : la naissance compte de plus en plus.

Les seniors détiennent l'essentiel de la richesse nationale — et pas toujours confortablement

Les chiffres sont frappants. Selon l'INSEE, les ménages de 50 à 79 ans détiennent 61 % du patrimoine total, alors qu'ils ne représentent que 50 % des foyers. Les plus de 70 ans représentent à eux seuls un quart du patrimoine national. En 2024, le patrimoine brut moyen atteint son sommet autour de 60 ans, puis se stabilise avant de décroître doucement après 75 ans.

Cette richesse est massive — mais elle est essentiellement immobilière et largement illiquide. 70 % des retraités sont propriétaires de leur résidence principale, contre 57 % pour l'ensemble de la population, confirme l'enquête Histoire de Vie et Patrimoine de l'INSEE (2023-2024). Un patrimoine souvent précieux sur le papier, mais impossible à mobiliser sans le quitter.

C'est là que réside le paradoxe français que Merci Prosper documente depuis plusieurs années et que notre étude OpinionWay confirme : 1 senior sur 2 rencontre des difficultés financières pour maintenir son niveau de vie, alors même qu'il est propriétaire d'un bien qui vaut souvent plusieurs centaines de milliers d'euros. Selon le rapport des Petits Frères des Pauvres (2024), environ 2 millions de personnes de plus de 60 ans vivent sous le seuil de pauvreté — et parmi elles, 49 % sont propriétaires de leur logement.

Le sentiment de manque est réel et chiffré

Le sentiment de manque est réel et chiffré

L'étude menée par Silver Alliance et CSA Research début 2025 auprès de 610 retraités de 65 ans et plus est sans appel : il manque en moyenne 531 euros par mois aux retraités français pour vivre confortablement. Et ce n'est pas une question d'ingratitude : c'est la réalité d'une inflation cumulée de +14,80 % entre 2019 et 2024, de dépenses de santé qui ont progressé de +19,65 % sur la même période, et de pensions qui n'ont pas suivi le même rythme.

Trois retraités sur quatre se disent préoccupés pour leur avenir financier. Plus de 30 % ont déjà dû renoncer à des soins — dentaires, optiques — pour des raisons budgétaires. Et selon les données de l'INSEE sur la privation matérielle et sociale en 2024, 13,6 % des seniors sont en situation de privation : ils n'arrivent pas à chauffer convenablement leur logement, à s'acheter des vêtements neufs, ou simplement à inviter des proches autour d'un repas une fois par mois.

Pourtant, la réponse est souvent là — entre les murs de leur salon. C'est le paradoxe que le Contrat Prosper a été conçu pour résoudre.

L'héritage arrive trop tard pour vraiment aider

L'un des changements les plus silencieux mais les plus profonds de ces dernières décennies est l'âge auquel on hérite. En 1980, on héritait souvent dans la trentaine, au moment où un apport pouvait changer une vie. Aujourd'hui, l'âge moyen des héritiers oscille entre 50 et 55 ans — et pourrait atteindre 58 à 62 ans à l'horizon 2035-2040.

Plus de 6 ménages sur 10 qui héritent ont aujourd'hui plus de 60 ans, confirme l'INSEE (enquête Patrimoine 2024). À cet âge, les héritiers ont souvent déjà constitué leur propre patrimoine, remboursé leur crédit immobilier, élevé leurs enfants. L'héritage ne sert plus à se construire : il sert à consolider, voire à préparer la transmission suivante.

Cette dérive temporelle a une conséquence directe : l'héritage cesse d'être un levier de mobilité sociale pour devenir un outil de stabilisation des patrimoines déjà constitués. Les ménages héritiers ont un patrimoine net moyen de 355 000 euros (contre 239 900 euros pour l'ensemble de la population), et 23,4 % d'entre eux ont un revenu annuel supérieur à 50 000 euros.

Ce que les seniors transmettent — et pourquoi ils se privent pour y arriver

C'est peut-être la dimension la plus touchante de cet enjeu. Nombreux sont les retraités qui réduisent leur propre niveau de vie pour préserver intact un capital qu'ils souhaitent transmettre à leurs enfants. Ils continuent à occuper un logement devenu trop grand, trop coûteux à entretenir, plutôt que de le mobiliser pour mieux vivre.

Trois moteurs expliquent ce comportement :

La précaution face à l'incertitude. On ne sait pas combien de temps on vivra. On ne sait pas si une dépendance va survenir. Garder de l'argent "au cas où" est une forme de sagesse qui peut, paradoxalement, conduire à se priver pendant des années sans que le moment du "cas où" n'arrive jamais.

L'altruisme envers les enfants. "Je préfère qu'il reste mon fils, pas mon banquier" — cette phrase d'un de nos clients dit tout. L'idée de demander de l'aide à ses enfants est vécue comme une honte. Alors on préfère se priver soi-même pour ne pas leur peser — et espérer leur laisser quelque chose le moment venu.

La charge symbolique du bien immobilier. La maison familiale n'est pas seulement un actif. C'est une mémoire, un ancrage, un legs. La vendre — même partiellement — c'est toucher à quelque chose qui ne se mesure pas en euros.

Selon une étude OpinionWay pour La Carac, deux seniors sur trois aident régulièrement leurs enfants ou leurs petits-enfants — études, achat immobilier, dépenses courantes — quitte à faire des sacrifices sur leur propre budget. Ils sont 80 % à avoir l'intention de transmettre un patrimoine ou des liquidités. 42 % prévoient pourtant de réduire leur budget alimentaire, et 36 % leurs loisirs.

La volonté de transmettre est profonde. Le coût personnel qu'elle implique l'est tout autant.

L'héritage en France : une valeur culturelle ancrée dans le droit et les familles

La France est un pays de propriétaires et de transmission. Le Code civil de 1804 a inscrit dans le droit la réserve héréditaire comme un pilier de l'organisation familiale. Depuis plus de deux siècles, transmettre à ses descendants est perçu non comme un choix, mais comme un devoir moral.

Cette attache se lit dans les sondages. Seules 9 % des personnes interrogées estiment qu'il faudrait relever les droits de succession pour réduire les inégalités. Et selon les notaires de Paris dans leur Livre blanc de mai 2026, la grande transmission passera de plus en plus par des donations anticipées et des montages patrimoniaux (assurance-vie, démembrement, pactes Dutreil) — une façon de "descendre" l'âge auquel les générations plus jeunes reçoivent un capital significatif.

50 % des successions ne sont plus "classiques" aujourd'hui, selon Pierre Tarrade, notaire et président de la Chambre des notaires de Paris. Et cela va devenir la norme.

Ce que ça change pour les seniors d'aujourd'hui : une fenêtre, pas une fatalité

Les données sont là. Le patrimoine est là. Le désir de transmettre est là. Et la difficulté financière du quotidien est là aussi. Ces quatre réalités coexistent dans la vie de millions de propriétaires de 60 ans et plus — et elles n'ont pas à s'exclure mutuellement.

Il n'est pas nécessaire de choisir entre bien vivre aujourd'hui et laisser quelque chose à ses enfants. Il n'est pas nécessaire de vendre pour dégager des liquidités, ni de s'endetter à un âge où les banques ferment leurs portes. Il n'est pas nécessaire non plus de se résigner à finir le mois dans le rouge parce qu'on tient à garder sa maison.

Ce que Marie, 71 ans, a trouvé en réfléchissant à sa situation le formule très bien : "On garde son chez-soi, on récupère de l'argent pour vivre sereinement, et on peut toujours transmettre une part importante de son patrimoine à ses enfants."

C'est exactement ce que permet la vente partielle en indivision — vendre une quote-part de son bien à la foncière Merci Prosper (agréée ESUS), recevoir un capital immédiat ou des versements mensuels, continuer à vivre chez soi dans les mêmes conditions, et conserver la majorité de son patrimoine pour ses héritiers. Le tout encadré par un notaire, avec une durée connue à l'avance, sans aléa lié à la durée de vie.

"Je veux choisir, pas subir." — Benoit, 62 ans, client Merci Prosper.

En chiffres : ce qu'il faut retenir pour 2026

Indicateur Chiffre Source
Patrimoine total des ménages français ~15 000 Md€ Banque de France, 2024
Flux successoral annuel (2025) ~464 Md€ Fondation Jean-Jaurès, 2024
Flux successoral estimé (2040) ~677 Md€ Fondation Jean-Jaurès, 2024
Part de l'héritage dans le patrimoine des ménages ~60 % France Stratégie, 2024
Retraités propriétaires de leur logement 70 % INSEE, enquête HVP 2023-2024
Ménages héritiers ayant plus de 60 ans > 60 % INSEE, 2024
Manque mensuel ressenti par les retraités 531 €/mois Silver Alliance / CSA Research, 2025
Seniors sous le seuil de pauvreté ~2 millions Petits Frères des Pauvres, 2024
Droits de succession perçus par l'État (2025) 21,2 Md€ DGFiP, mars 2026
Inflation cumulée 2019-2024 (tous produits) +14,80 % INSEE

Conclusion : transmettre, oui — mais pas au prix de se priver

La France vit un moment patrimonial sans précédent depuis l'avant-guerre. La génération du baby-boom entre dans la phase de transmission. 9 000 milliards d'euros vont circuler dans les prochaines années. C'est une réalité massive, inévitable, et portée par des motivations profondes.

Mais ce grand mouvement révèle aussi une tension que l'on n'évoque pas assez : des millions de seniors se privent aujourd'hui pour transmettre demain. Ils habitent des logements trop grands, renoncent à des soins, comptent leurs fins de mois — alors qu'ils sont assis sur un patrimoine qui pourrait, s'il était mieux mobilisé, changer leur quotidien sans rien retirer à leurs héritiers.

La transmission la plus belle n'est pas nécessairement celle qui se fait au détriment de soi. Elle peut aussi se faire depuis un endroit de sérénité, de liberté — et de choix. C'est ce que nous permettons chaque jour avec le Contrat Prosper.


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Sources : Fondation Jean-Jaurès (2024) · INSEE enquête HVP 2023-2024 · INSEE Focus n°371 · Petits Frères des Pauvres (2024) · DREES (2025) · DGFiP mars 2026 · INSEE Focus n°353 · Cour des comptes (2024)

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